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Art Nouveau, Art 1900, Modern Style en Angleterre, Nieuwe Kunst en Hollande, Jugenstil en Allemagne, Modernismo en Espagne ou Stile Liberty en Italie ou même Style Nouille pour ses détracteurs... ce délirant salon des années 70 est un descendant de l’Art 1900 |
actualité de l’Art Nouveau : la Pinacothèque de Paris célèbre jusqu’au 8 septembre 2013 l’Art Nouveau : |
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page créé en 2007,
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l’exposition composte 135 pièces de grande qualité, parfois exceptionnelle, avec un focus sur l’art plastique et le design ; l’architecture et les grands aménagements intérieurs y sont absents mais sont en permanence visibles dans les Musées. Comme toujours à la Pinacothèque l’effort porte sur les explications et le contexte historique, avec un regard libre et novateur ; c’est la première rétrospective d’Art Nouveau à Paris depuis 1960 !
> pratique : jusqu’au 8 septembre, 28 pl de la Madeleine, horaires et prix |
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curieusement l’Art 1900 parait à son aise dans la conjoncture actuelle de retour aux valeurs de l’art, par ses principes esthétiques et surtout d’art total mettant en relation l’art et la vie ; il trouve place dans notre discours écologiste comme dans nos actions de revivance de l’artisanat face à l’industrie. Bien qu’il fut une libération de la création et de la pensée, l’Art Nouveau était dès l’origine très concret : il a plus touché les domaines de la vie quotidienne que le monde de l’art pur car les peintres, eux, vivaient leurs propres révolutions avec les symbolistes, fauves, impressionnistes... (voir les mouvements modernes)
Hector Guimard, fauteuil, 1903, poirier, cuir |
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Car l’Art Nouveau a pour épicentre l’artisanat d’art ; c’est lui et non les artistes qui va révolutionner l’architecture intérieure et extérieure, le mobilier et la décoration (le terme design n’existait pas), les ustensiles et les tissus, le graphisme et l’illustration (livres, presse, publicité…).
Auguste Jean, vase, verre émaillé, env1885 |
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Historiquement son concept comme son style sont en rupture avec l’académisme drastique d’une époque où tout était codifié, de la façon de peindre à la dimension du chapeau ; alors il redevient pertinent -sous des formes proches- chaque fois que ces mêmes conditions sont réunies (voir ces retours) et lorsque la nature revient au premier plan : l’Art Nouveau est éternel ! |
l’appellation Art Nouveau vint de la galerie éponyme qu’ouvrit fin 1895 le parisien Siegfried Binage qui, après avoir visité les ateliers de Louis Tiffany à New York en 1884, devint le distributeur exclusif en Europe du Verre Tiffany |
Mais toute révolution se voit contestée : les molles arabesques sont qualifiées de Style Nouilles ou d’être bourgeoises ; le caractère naturel et aussi érotique de ce genre passe mal dans les milieux traditionnels ; pire : la contestation prend un allure nationaliste, antisémite et xenophobe... nous sommes alors à l’aube de la Grande Guerre...
le Symbolisme du milieu du 19è siècle est un terreau pour l’Art Nouveau, notamment en littérature (Beaudelaire, Alarmé...) et en peinture (Redon, Gauguin...) ; l’Art 1900 voit ainsi de nombreuses prémices un demi-siècle avant le tournant du siècle :
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> en Angleterre, le mouvement mystique Préraphaélite fondé en 1848 rêve aux principes du Moyen-Age ; William Morris fonde Arts & Crats en 1861 qui met au même niveau hiérarchique artisans et artistes et proclame l’art est dans tout ; Charles Rennie Mackintosh l’applique à Glasgow vers 1890 pour l’architecture et la décoration ; à New York Louis Comfort Tiffany, influencé par Arts and Crafts, invente en 1885 un procédé pour fabriquer des verres opalins
Louis Confort Tiffany : vitrail, vers 1900
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> en France l’Art Nouveau et le symbolisme (1850-1910) s’influencèrent ; d’abord mouvement littéraire il s’étend à tous les arts, notamment par les peintres qui se côtoient à Paris : Gustave Moreau, Odilon Redon, James Whistler, Alphonse Osbert, Ferdinand Hodler, Léon Spilliaert pour les plus connus, auxquels on peut ajouter les Nabis.
Odilon Redon : Ophelia, pastel, vers 1900
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L’Art Nouveau atteint son apogée vers 1890, en architecture et décoration :
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> à Bruxelles l’architecture nouvelle triomphe avec Victor Horta, tard (1892) mais avec un génie inégalé > ainsi qu’à Barcelone avec Antoni Gaudí, qui fonde le Modernisme proche de l’Art Nouveau vers 1889
Victor Horta, 3è étage de la maison de Horta, Bruxelles
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> à Vienne, centre d’une vie culturelle intense orientée vers le renouveau, l’architecte Otto Wagner s’exprime dans ce style dès 1880 ; plus tardive, la Sécession viennoise fut fondée en 1897 avec des peintres comme Klimt, Schiele, Kokoschka, Moll, Moser… qui ont créé leur propre palais d’expositions > à Paris d’audacieux architectes érigèrent non seulement des hôtels particuliers et immeubles sur commandes, mais des aménagements urbains, le plus célèbre étant Hector Guimard qui a conçu plus tard (1900 et 1903) les fameuses entrées du métro de Paris > mais à Nancy et en décoration que va se créer le plus bel Art Nouveau français par les frères Daum, Jacques Grüber, Louis Majorelle et Emile Gallé ; le coup médiatique fut l’Exposition Universelle de 1889 où nombre d’eux furent médaillés, mais l’ Ecole de Nancy ne fut créée qu’en 1901. Hector Guimard entrée du métro Porte Dauphine à Paris |
Le couronnement de l’Art Nouveau fut l’Exposition Universelle de Paris de 1900, où tous les pays rivalisèrent ; elle contribua à l’instituer comme mode populaire, prémisse de son déclin car cet art de réaction à l’académisme ne pouvait à terme y tomber à son tour sans disparaître.
à l’occasion de la rétrospective 2013 à la Pinacothèque de Paris, Paul Greenhalgh (référence) rappelle que les courants scientifiques progressistes furent à la base de l’intérêt porté à la nature, en commençant par Charles Darwin qui publia en 1859 l’Origine des Espèces puis en 1871 la Descendance de l’Homme.
Ce courant de pensée mènerait à l’art total : "si l’homme fait partie de l’ordre naturel des choses, alors la civilisation est soumise à l’évolution comme n’importe quel autre phénomène", donc "si l’homme n’est plus séparé de la nature, les formes humaines et celles de la nature ne sont pas distinctes" et "les formes de l’Art Nouveau peuvent mêler les formes humaines, végétales et animales" ; et note-t-il en substance : ce naturalisme peut être aussi bien optimiste, rafraîchissant qu’agressif, mélancolique ou érotique.
L’Art Nouveau allie volontiers la sensualité féminine aux formes végétales, de sorte qu’il fit scandale dès le départ. Car à propos d’érotisme, la Belle Epoque fut un modèle d’hypocrisie : derrière les convenances se dissimulent les intrigues, derrière la famille bourgeoise se cachent les bordels, les sculptures d’inspiration mythologiques évoquent des nus en transe qu’il est acceptable de reluquer au musée, pas dans la rue... ce que reproche cette société à l’Art Nouveau est de montrer la volupté sans artifice : les volutes de la nature, les courbes dénudées des dames, et parfois un mélange des deux sont assimilés à de la décadence et de l’immoralité. D’autant qu’il fut largement diffusé par les affiches, les ventes en magasins, les expositions universelles qui alors se succèdent.
L’exposition à la Pinacothèque de Paris révèle ces aspects débridés et oniriques, prémisse au futur surréalisme.
<< de cette femme impudique évidemment on ne voit que ses seins
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Les peintres qui firent leur révolution comme les impressionnistes, s’attachent à copier la nature ou traduire les effets lumineux qu’elles leur inspirent, d’autant que cette évolution tient à leur observation directe sur le motif (c’est-à-dire dans la campagne et non en atelier). Par contre l’Art Nouveau est une interprétation plus théorique, plus onirique de la nature : les plasticiens lisaient volontiers les revues scientifiques pour y chercher des formes nouvelles, allant jusqu’au panthéisme (divination de la nature).
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Mais quelques-uns ont été précurseurs du Style 1900 : > Maurice Denis, qui fut ensuite co-fondateur des Nabi > James Whisler (américain arrivé à Paris en 1855), pose vers 1870 quelques bases de l’Art Nouveau : les ornements, la nature, les femmes, la fusion du motif et du décor |
James Whisler Symphonie en blanc n°3, |
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D’autres ont fondé des mouvements forts (déjà cité), notamment : > Gustav Klimt, membre de la Césession, et ses femmes fatales présentées sous couvert de déesses > Odilon Redon, membre du symbolisme, et ses tableaux oniriques et hiératiques
Gustav Klimt, Salomé : Judith & Holopherne 1903 |
Un artiste très en vue fut Alphonse Mucha, illustrateur d’abord symboliste aimant les représentations idéalisée féminines et leur implantation dans un milieu floral ésotérique et imaginaire, où se mêlent beaucoup leurs cheveux :
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Une rareté : |
Alfons Mucha, menu du Pt Félix Faure sur broderie, 1898 |
Alfons Mucha, affiche publicitaire pour Job, litho, 1897 |
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tous ces créateurs novateurs entraînent dans ce style d’autres métiers : illustrateurs, graphistes, tapissiers et même couturiers comme Jacques Doucet et Paul Poiret ; cette transversalité artistique est amplifiée par le caractère international du phénomène. Puis de l’artisanat d’art on finit par passer à l’artisanat de production, chaque foyer aisé devenant capable alors de s’équiper totalement en Art Nouveau ; ce fut une mutation de toute la société. Mais "cette vulgarisation rapide du Modern Style, à partir de l’abus de formes végétales et féminines, fini par déboucher sur une forme de kitsch" surchargé [DP de Donation Rispal, Orsay, nov 2009], annonce d’une décadence du genre qui fut ressentie vers 1912. |
L’arrivée de la Grande Guerre mit un point final à cette épopée artistique car, an lendemain de la guerre le style Art Déco qui suivit prône exactement l’inverse de l’Art 1900 : rigueur de la ligne droite, simplicité des surfaces lisses et vides, pureté des matériaux dépourvus de décor.
En art plastique, une des représentante majeur de cette nouvelle forme fut Tamara de Lempicka.
par sa dimension d’art total et international, l’Art 1900 a frappé les esprits au point d’influencer les artistes qui lui sont postérieurs, ceci plusieurs fois dans l’histoire récente de l’art ; notamment :
Carlo Mollino bureau en contre-plaqué cintré, 1950 |
> dans les années 1930 : les surréalistes s’y intéressent ; notamment Dali en fit un hommage dans la revue Le Minotaure > vers 1950 : dans la mouvance de la naissance du design, la simplicité courbe des meubles en bois lamellé collé de Alvar Aalto est un premier rappel, situé entre Art Nouveau et Art Déco > dans les "volutueuses" années 60 et 70 ; une exposition au musée d’Orsay fin 2009 a rappelé d’une manière magistrale le Revival de l’Art Nouveau dans le graphisme de cette époque Peace & love et pré-écolo > dans les années 2000 le retour du bois et des courbes douces illustrent en design l’idéologie de l’écologie partout et pour tous. |
Le retour le plus marqué fut bien ces années psychédéliques 70’s, qui reprirent abondamment les motifs floraux 1900 en les transposant entre autres dans le domaine de... la fumée ; la superbe collection de pochettes à vinyles de l’exposition d’Orsay montraient que la technique de la sérigraphie avait suffisamment évolué pour utiliser des couleurs stables très vives, permettant une diffusion populaire :
Bonnie MacLean, affiche pour le concert The Yardbirds, 1967, sérigraphie |
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Zoom no3, Catherine Jourdan par Jean-Francois-Bauret, 1970 |
quels sont les traits esthétiques qui permettent de le reconnaître ?
Albert Turbayne affiche pour Peacock, litho, 1903 (courtoisie musée Chemnitz)
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> les lignes courbes, comme une protestation à la rigidité de l’époque ; ce retour à une façon gothique flamboyante s’inspire des décors floraux moyenâgeux > la référence au monde végétal (chardon, plantes vertes intérieures, nénuphar…) et au monde animal (libellule, papillon, et… surtout la femme !) > la fusion motif et décor, dont les lignes s’enroulent comme une fumée, se mêlant à une chevelure d’une femme, dont les couleurs respectives se confondent > les matériaux nouveaux comme l’acier et le verre qui se marient avec les matériaux naturels (bois, pierre) ; ce fut une époque très riche en procédés de fabrication artisanale : cristal, vitrail, ferronnerie, ébénisterie, papier-peint, typographie… |
où voir de l’Art Nouveau ?
> à Paris le Musée d’Orsay, spécialisé dans les années 1848 à 1914, abrite des collections magnifiques d’Art Nouveau, réparties dans plusieurs parties selon qu’elles soient peintures, mobilier ou objets
Charles-Guillaume Diehl, table à ouvrage, 1878 |
> le Musée des Arts Décoratifs de Paris opte pour la chronologie, ce qui a l’avantage de grouper toutes les formes d’expression et permet de créer des ambiances significatives de l’universalité de l’Art Nouveau, notamment par ce Salon de Bois extraordinaire dont les composants -meubles, tapisserie, peinture d’Albert Besnard, bibelots- sont décrits ici :
Vever Paul & Henri, peigne, corne, or, perles, email, 1900 |
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la Salon de Bois (courtoisie m.AD ) |
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> Nancy est une destination particulièrement riche puisque pôle de naissance des parties verrerie et architecturale de cet art ; plusieurs lieux y concourent : - le Musée de l’Ecole de Nancy situé dans la maison du mécène Eugène Corbin, restitue bien l’atmosphère de cette période |
Emile Gallé et verrerie de Meiserthal, Nancy, env1890, (courtoisie m.Orsay |
> Bruxelles est un festival d’architecture moderne, dont Almanart propose un itinéraire ; notamment la maison de Horta y est incontournable
> à Paris, un lieu extraordinaire et trop discret est abrité par la célèbre maison Maxim’s et son Musée Art Nouveau...
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...cette collection exceptionnelle de qualité a été réunie par Pierre Cardin, qui a restitué sur deux étages les appartements fréquentés par les Dames de chez Maxim’s (les courtisanes de l’époque) qui vivaient luxueusement sur le dos (sic) de leurs riches visiteurs ; ainsi vous aurez le sentiment de découvrir des lieux intimes ornés des plus belles pièces |
vue générale d’un salon |
Ce Musée Maxim’s est ouvert au public par des visites guidées à heures fixes, ce qui présente le double avantage de s’entendre conté d’une manière délicate et érudite l’histoire de ce lieu mythique, et de découvrir de tout près 600 meubles et objets ; en outre le petit salon de réception est orné de très intéressants dessins caricaturaux de Sem (époque d’entre guerres).
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