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encadrer ? avec ou sans glace ?

 

 

Constat :
> les estampes, gravures, aquarelles sont encadrées
et mises sous verre
> les oeuvres anciennes sont toujours encadrées,
même assez lourdement !
> les oeuvres fragiles ou de grande valeur sont
protégées des dégradations
> les huiles sont dépourvues de cadre, donc de
verre, ainsi que nombre de dessins.


Alors : que faire pour une oeuvre contemporaine
ni fragile, ni soumise aux conventions ?

 


 

Où voir ce, cette... quoi ? une oeuvre, un appareil qui marche ??
(courtoisie C.Pompidou) ..... clic=zoom

 

 

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1° dois-je l’encadrer ?

2° dois-je y mettre un verre ?

 

 

encadrer ou non ?

  Le cadre a deux fonctions :
> protéger l’oeuvre de son environnement
> la valoriser visuellement :
- faire transition avec le mur ou le décor,
- lui donner une "profondeur", une épaisseur.
 

"le cadre, c’est la récompense du peintre"
(Picasso)

 

Mais l’exercice est limité : si les oeuvres classiques invitent aux enluminures chargées, les contemporaines au contraire demandent simplicité, voire ne tolèrent aucun apport ; pire : le cadre peut étouffer l’oeuvre au lieu de la valoriser ; alors si un support de présentation est nécessaire, il doit devenir invisible. Parfois, le cadre fait partie intégrante de l’oeuvre, créé aussi par l’artiste.

 

Encadrer coûte ; par exemple une aquarelle de 46 x 61 s’encadre, en bricolant avec des matériaux standards préfabriqués, pour 50 à 100 € ; la faire réaliser par un bon artisan revient entre 100 et 150 € ; et 50% de plus s’il faut réaliser l’encadrement sur mesure (dimensions standards : voir les formats).
Evidemment les qualités diffèrent entre le préfabriqué en supermarché et l’artisan ; ainsi, votre choix tiendra forcément compte de la valeur de l’oeuvre.

 

 

Voici les composants d’un encadrement :

> le fond rigidifie le support d’accrochage
> le cadre sert de transition visuelle
> des baguettes peuvent moduler le cadre
> le cache est une feuille délimitant l’oeuvre
> le passe-partout ("marie-louise", "biseau")
est un cache en biseau donnant du relief
> lui ou le cache évitent le contact du verre
> les feuillures du cadre positionnent ces éléments

Certains éléments peuvent se combiner.

clic=agrandir

 

Utilisez pour tous ces composants des papiers non acides (à " PH neutre") qui n’attaquent pas les couleurs ; si vous voulez immobiliser une oeuvre papier sur un fond, utilisez des bandes double faces à faible PH.

N’employez pas n’importe quoi, fournissez-vous chez des spécialistes.

 

> pratique : pendu, le tableau penche un peu en avant ; cela vous déplait ? Placez en bas des côtés du dos, soit une petite vis, soit des rondelles de feutres autocollantes pour compenser l’inclinaison ; avantage : l’oeuvre sera décollée du mur, mieux protégée du froid et humidité, retiendra moins la poussière et l’emplacement du cadre sera moins marqué sur le mur.

> pratique : "ça ne rentre pas dans le cadre" à quelques millimètres, que faire ?

 

Mais si vous n’êtes pas sûr de devoir encadrer, pourquoi ne pas demander l’avis de l’artiste ?

 

 

 

Pour les photos,
voir les procédés de protection dans "techniques photo" .

 

 

 

 

verre ou non ?

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Si vous encadrez, la question suivante est : verre ou pas ? En mettre systématiquement un n’est que convention. Si le verre n’est pas techniquement indispensable, il est souvent nuisible : posez-vous donc la question en vous affranchissant des conventions ! Car votre choix ne devrait être dicté que par la fragilité de l’oeuvre vis à vis de son environnement :

 

sa fragilité dépend de ses composants et de leur qualité : support, pigments, matières...
Sa technique intervient : l’aquarelle est vulnérable mais une gravure récente ne l’est pas, d’autant moins que les papiers actuels sont peu acides et très résistants ; mais les collages papier se dégradent par sécheresse et, comme certains montages, sont sensibles aux coups de pattes et aux chiffons... ; les fusains, mines et pastels sont très fragiles s’ils n’ont pas été protégés par un fixatif (c’est rare)

 

la pollution autour de l’oeuvre : est-elle exposée aux effluves gastronomes, à celles des clopeurs (terrifiant !), aux courants d’airs urbains ? Nul doute : protégez la.
Parisiens, rappelez-vous ce féerique emballage des arbres des Champs-Elysées pour l’an 2000 qui, en 2-3 semaines, a tourné en un amas grisâtre de sacs d’aspirateurs... la cuirasse s’impose en certains lieux

 

la lumière directe sur l’oeuvre ne doit pas être dure : évitez le soleil (apporteur d’infrarouges et d’ultraviolets) et les halogènes trop proches (qui chauffent) ; un oeuvre placée perpendiculairement à la source lumineuse risque bien moins qu’une située en face ; ce sont les sanguines et les dominantes rouges qui virent le plus vite, irrattrapable... ; les sérigraphies et lithographies sont très résistantes mais certains "prints" informatiques le sont bien moins

 

la nuisance induite : la protection de l’oeuvre peut dégrader sa perception.
La vitre amène des reflets lorsque l’oeuvre est perpendiculaire à la source de lumière, elle masque les nuances de l’aquarelle, elle aplatit la matière picturale ou le relief des gravures ; une vitre "sans reflet" peut assombrir la luminosité ; et nous ne voyons que de mauvaises raisons de mettre sous verre une huile ou une estampe contemporaine.
Enfin, l’humidité piégée dans une protection étanche dégrade l’oeuvre progressivement

 

enfin restent les insectes : vers dans le bois ou mouches qui tachent ; votre situation géographique et l’état de vos locaux peuvent obliger à encadrer sous verre ; un petit truc : regardez l’état dans lequel sont vos livres un peu anciens.

> pratique : vous pouvez aussi déplacer l’oeuvre vers un lieu ou une orientation plus favorable ; et si vous êtes souvent absent, couvrez-la d’un tissu ou fermez les volets ou les rideaux, c’est important. C’est un compromis réfléchi qui devrait conduire votre décision de mettre sous verre, plutôt qu’une tradition.

 

Si vous mettez un verre protecteur, suivez ces conseils :
> mettez une vitre dite "sans reflets" dont une face comporte un vernis spécifique : elle a donc un sens de pose ; son prix est proche d’une vitre normale ; elle est très efficace si l’oeuvre est parallèle à la source de lumière, qui s’y reflète, mais elle assombrit trop si l’oeuvre est dans un endroit déjà peu éclairé ; elle est moins utile si l’oeuvre est perpendiculaire à la source de lumière
> ne mettez pas l’oeuvre en contact direct avec la vitre, pour éviter la condensation ; utiliser un passe-partout
> rappelons aussi cet impératif : encadrez en atmosphère relativement sèche et pas enfumée.

 

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