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Une difficulté de l’art contemporain est son ésotérisme. Alors à quoi se raccrocher ? D’abord à l’histoire de l’art, car si les changements sont profonds, ils sont progressifs ; alors l’histoire de cette progression améliore la compréhension. |
où voir
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| ...et vous : où vous situez-vous en art ? | Amateur des "beaux-arts", si vous ne trouvez plus les repères que vous avaient donnés une éducation centrée sur le passé, ne rejetez pas en bloc votre époque ! D’autant que vos classiques sont un atout pour comprendre l’art d’aujourd’hui : |
| il vous permettent de situer l’art dans l’Histoire : dans l’histoire sociale d’abord où nombre d’artistes s’affirment, et dans l’histoire de la création (architecture, mode, littérature, musique…) car l’art plastique y est en interaction forte. |
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| "le classisisme est un contexte de mémoire, de continuité, de stabilité, pour accueillir l’art contemporain" (Bustamante, interview pour Almanart, mai 05) | Vous pouvez aussi parcourir l’histoire de l’art par la chronologie genres et styles. |
petit résumé de l’histoire de l’art :
jusqu’au 19è siècle :
| l’art se caractérisait par une prépondérance du portrait, du paysage, de la chronique, de la glorification nationale, du symbolisme philosophique ou religieux..., presque seul, le dessin trouvait un rôle concret ou critique du réel ; il servait aussi d’étude "sur le motif" (sur le lieu même à représenter) pour une peinture faite à l’époque en atelier |
à la fin du 19è :
| en Angleterre quelques audacieux (le plus connu est William Turner) tentent d’approcher la lumière et la nature réellement perçues ; en France les impressionnistes sortent de leurs ateliers et révèlent la lumière réelle et ses effets naturels, qu’ils interprètent de manière exacerbée ; une invention facilite leur démarche : la couleur en tube |
début du 20è :
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période fabuleusement riche, qui invente les bases de l’art contemporain ; c’est la découverte du monde par les colonies, la confrontation des techniques et des arts de tous pays (expositions universelles...), de nouveaux médias d’art (photo, film...). Cette époque codifiée et sûre d’elle se voit aussi contestée de toutes parts (début des révolutions socialistes). Qu’on en juge : naissance d’un art social réaliste (die Brücke, expressionnisme allemand), de l’abstraction, du cubisme, et mouvements de libération du classicisme dans toute l’Europe (fauvisme, nabis, blaue Reiter, rayonnisme) dont certains se placent dans la perspective d’une société renouvelée (futurisme et suprématisme) et machiniste |
autour de la 1è guerre mondiale :
| de nombreux artistes de tous pays européens manifestent leur révolte par des oeuvres violentes ou caricaturales (dadaïsme, nouvelle objectivité) ; les artistes développent leur imaginaire aussi bien sur la désillusion que sur l’espoir d’un monde différent (de Stijl, constructivisme) ; cette quête débouche aussi sur un mouvement fort : le surréalisme |
l’entre les deux guerres :
| voit se déplier les multiples évolutions citées : l’ode au machinisme et à la science va jusqu’au cinétisme ; la libération du sujet passe de l’abstraction à l’art informel ; cette période voit aussi le rapprochement de l’art et de la vie ; le post-cubisme s’impose à presque tous, temporairement ; ces développements sont tous européens, Paris en tête |
lors de la 2è guerre mondiale :
| l’Europe se prive d’artistes fuyant les nazis ; ce vide et le choc qu’ils ressentent en étant confrontés à la civilisation "yankee" favorisent la prépondérance de l’art contemporain nord-américain : l’école de New-York viendra estomper la renommée de celle de Paris |
les 30 glorieuses (50-70)
| cette période de reconstruction européenne et restructuration du monde, est une fantastique époque de développement artistique, mondial et toutes disciplines, riche en mouvements et genres éclectiques, jamais vus, âpres de liberté : abstraction lyrique, action painting, art conceptuel, expressionnisme abstrait, hyperréalisme... . Les arts s’alimentent de la vie sociale par le pop-art, s’intègrent aux autres disciplines (design, mode, architecture...) ; l’art devient un objet de consommation. Dans la création et sur le marché des cotations, l’Europe se voit progressivement et durablement distancée par les USA ; la France réagit avec des mouvements comme le nouveau réalisme, support-surface, la figuration narrative... |
fin du 20è siècle :
| un foisonnement de développements viennent enrichir les domaines d’intervention de l’art au quotidien, notamment son rôle social voire politique devient prépondérant. L’art dans la rue dévoile un nouveau type d’œuvres (fresques murales…) par de nouveaux moyens (bombes aérosols). Le mélange des genres apparaît aussi bien dans les installations visuelles et sonores que les premières oeuvres véritablement multimédia. La contrepartie pour le néophyte est une perte des repères, allant jusqu’à la remise en cause de la notion d’art. D’autant qu’un contexte commercial exacerbé suscite des prétentions artistiques pour des activités qui fondamentalement, sont connexes à l’art (photographies de reportages, manifestations contestataires, tags...). |
2000 et suivantes... :
| la vague high-tech génère de nouveaux et populaires supports d’œuvres (multimédia interactif, traitement d’images sur ordinateur) et de nouveaux moyens de diffusion (internet, galeries mixtes mode-art...), qui démultiplient la création et mélangent les genres (des artistes sont à la fois musiciens, plasticiens et metteurs en scène). La mondialisation accélère le mélange des cultures et permet la découverte de territoires nouveaux (Chine, Afrique...), accentuant leur intégration dans le monde de l’art, comme elle l’a fait pour les styles et les supports ; mais elle accroît aussi la visibilité des malheurs du monde que des artistes (photographes, cinéastes, dessinateurs) dénoncent ; du coup délimiter l’art et la politique devient malaisé. Comme aux USA il y a quelques décennies, le commerce et l’art se mêlent : les entreprises l’utilisent comme vecteur de communication, le mécénat se développe, la cotation prend un caractère boursier ; la popularité de l’art plastique sera-elle enfin atteinte au bout de ce parcours ? |
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