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vers la transversalité

La pluridisciplinarité et la transversalité dans l’art

 

Petit Robert, "transversal : qui recoupe
plusieurs disciplines". Une des caractéristiques de l’art moderne et contemporain est la pluridisciplinarité, le mixage des genres et des techniques d’art, qu’on qualifiede "transversalité".

Cette peinture de Ed Rusha faite en 1962 clic=agrandir
n’est pas une publicité, mais une oeuvre montrant
la toute puissance du cinéma à Los Angeles ; elle
a été présentée au Centre Pompidou en 2006 dans
l’exposition "Los Angeles".

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Cette caractéristique se manifeste par une cohabitation de différents genres artistiques au sein d’une même oeuvre, par un mélange soit d’époques (exemple : les arts africains repris par Picasso dans les années 20 ou le pop-art revisité par des chinois dans les années 90), soit de géographies (le japonisme avec les Nabis en fin du XIXè...), soit plus récemment de domaines d’art (mode et peinture, architecture et design, musique ou vidéo et installation).
Il s’agit d’un phénomène surtout moderne, allant crescendo depuis le début du XXè siècle jusqu’à maintenant.

 

 

A part l’influence ancienne mais restée discrète des arts africains, orientaux ou asiatiques sur l’art occidental, cette façon se remarque déjà en fin du XIXè dans la Sécession viennoise, au début du XXè dans le constructivisme (et sa continuation par les deux Bauhaus), après la 1ère guerre mondiale avec Dada puis les surréalistes dans les années 20, puis dans les années 60 avec les artistes de l’Ecole de New-York et le pop-art, enfin se développa partout en fin des années 80 : Anne Bony parle d’hybridation des domaines de création et Nicolas Bourriaud parle de fusion des styles grâce aux moyens mondiaux de communication et à la mondialisation de la société.

 
Chen Zhen a présenté en 2005 au Palais de Tokyo une installation composée d’éléments de la vie courante comme abandonnés depuis des années, recouverts d’une poussière brune ; cette oeuvre prenante est compréhensible par tous, quel que soit son pays ou sa religion

 

La transversalité traverse les continents (en témoigne la reprise du style pop par les artistes chinois), les cultures (avec l’art multi-éthnique) et les différentes sociétés (vers les minorités sexuelles ou sociales). Exemples : Wolfgang Tillman et ses photos entre mode et art, Laurent Pariente et ses labyrinthes architecturaux, Pierre & Gilles et leurs montages kitsh « indous », Sylvie Fleury et ses installations de cosmétiques, l’indien Subodh Gupta et son utilisation d’ustensiles communs...

Si la transversalité est désormais installée dans l’art, c’est qu’elle reflète notre société contemporaine multiple, instantanée, simultanée et mondialisée.
Une conséquence est que l’historien et l’analyste y perdent leurs références épistologiques (souris->définition) et l’amateur ses points de repères, avec le risque d’accentuer son incompréhension de l’art contemporain.
L’artiste, lui, ne cherche généralement pas si loin et fait ce qu’il lui plait comme il le sent ; les jeunes qui ont sucé leurs pouces devant la télé, ont intégré les technologiques numériques et le brassage des genres internationaux dans leur quotidien le plus banal.

 

 

La transversalité contemporaine n’est plus liée à un mouvement ou un genre (d’ailleurs il n’y en a presque plus actuellement), comme elle l’était dans les exemples modernes cités plus haut ; elle est devenue banale, commune : le jeune artiste qui a grandi dans le monde des médias et du pluralisme n’a peut-être même pas conscience d’opérer dans la pluridisci-plinarité, pour lui naturelle.
Reste un risque : une discipline fermée comporte des codes, des usages, des règles certes contraignantes mais qui poussent à la rigueur du geste voire à la modestie de l’acteur ; et en effet sont apparues des dérives, par exemple celle d’un art plastique clinquant, médiatique, empruntant à toutes les disciplines ce qu’elle ont de plus facile, propre à paraitre dans les médias pipoles (ce
que Particules a dénoncé).

 
Jeff Koons, pour nous un fantaisiste de haut niveau, pour le marché une excellente affaire, doit peut-être autant son succès à son art qu’à ses ébats érotiques médiatisés avec une célèbrité...

 

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