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artistique: Art Nouveau, art brut, BD, art numérique, vidéo, dessin, figuration narrative, graffifitisme, street art, livre d'artiste, abstraction, design artistique, artistes
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Suivre les modes en art contemporain : est-ce une façon de s’initier ? C’est comme dans les journaux : tout le monde en parle par mimétisme mais on ne sait quel marketing l’a suscité ; les pipoles l’enflent comme une troupe de canards, les goupils en profitent et gonflent les prix : en serez-vous les pigeons ? Si la mécanique est connue, en art elle se reproduit régulièrement ; à vous de détecter tôt les vraies valeurs des éphémères et de savoir zapper à temps, ou les exploiter. |
actualité :la mode actuelle pousse à l’aquisition de retirages de pièces design célèbres, parfois à hauteur de prix exagérés ; exemple :
ce fauteuil icône conçu par Charles & Ray Eames en 1956, est vendu entre 5000 et 7000€ pour des exemplaires tirés en 2005 |
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Comme en économie, l’art créé des bulles qui, comme le chewing-gum, vous éclatent au nez !
Il faut distinguer les bulles d’origine extérieure à l’art (voir l’économie de l’art), comme dans notre crise actuelle, et celles internes au monde de l’art, dues à la spéculation sur un genre ou un artiste, propulsé par un lobby marchand ; elles sont liées à un engouement artistiquement irrationnel : un genre devient à la mode, dont on ne sait pas trop l’origine mais dont on sait sûrement qui en profite... pas vous, sauf si vous êtes très averti et savez en jouer.
c’est l’exemple caricatural, du genre chien ou crocodile en plastique vous voyez le genre...,
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cet art gadget s’est développé entre 2004 et 2007, un tape à l’oeil monté en maillonnaise, profitant de l’engouement envers l’art chinois en général, bien meilleur ; qu’en reste-t-il après le début de la crise ? Rien, ou presque... 2009 y a remis un peu d’aplomb dans l’aile... Par exemple ce machin très cher a envahi certaines boutiques (pardon : galeries) ; Almanart l’avait dit : ce n’est pas de l’art ; ce genre kitsch s’est crashé sur le mur de la crise, qui a remis les pendules sur les vraies valeurs. Ceux qui ont succombé à cette mode hors de prix s’en mordent les pattes... en plus ils frisent le ridicule ! |
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la photo ne produit pratiquement que des oeuvres multiples et donc ne devrait pas être plus chères que d’autres oeuvres dupliquées (par exemple une litho d’un grand nom comme Monory, ne vaut que quelques centaines d’Euros)... et pourtant, il y a des photos se vendent plus de dix fois plus avec des tirages élevés : quelle farce !
Et cela dure depuis des années : la foire Paris-Photo, née en 1996, entretien sans le vouloir la confusion en accueillant aussi bien des oeuvres d’art contemporaines, des tirages vintage et des clichés de reportage ; il est naturel que le badeau non prévenu fasse l’amalgame, seuls les amateurs avertis savent s’en prémunir.
Il fut une période où tout bon cliché se voit consacré œuvre d’art, y compris le porno-chic (achat qu’un jour vous n’oserez même plus accrocher), le reportage ou le portrait de stars, de sorte que le gogo n’est même plus capable de distinguer une photo artistique d’une photo tout court...
Cette bulle très particulière perdure partiellement ; elle n’est pas due à un manque de qualité des oeuvres, mais à la valeur accordée à certaines d’entre elles. Car on a dans le domaine de la photo, une double difficulté :
> celle de la démarche du créateur, qui permet de différencier le plasticien du photographe
> celle du tirage : la quantité mise sur le marché ; n’importe quel objet de collection voit sa valeur liée à sa rareté, or les tirages exagérés vont exactement à l’inverse
On a commencé à faire sérieusement la distinction vers 2009 (merci la crise...) ; les profressionnels et le marché ont bien réagit en sélectionnant des créateurs de qualité qui produisent des tirages faibles : le ballon est en train de se dégonfler doucement, sans éclater, au bohneur du collectionneur qui a vu certains prix baisser.
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en 2006 la BD a explosé sur le marché avec les records exagérés de Bilal ; depuis 2010 l’on cherche visiblement à en tirer le max en sortant des planches originales de tous les bons dessinateurs les uns après les autres... et des planches, il y en a un stock énorme puisqu’on peut multiplier pour un seul auteur les pages par les cases ! Attention à l’atterrissage... |
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en 2007 le graffitisme a vraiment décollé, boosté par l’exposition de 2009 au Grand Palais ; en 2011 on sait maintenant distinguer les bons artistes des suiveurs et autres imitateurs : attention, une bulle commence à se former.
Voici notre édito de la semaine du 26 septembre au 2 octobre 2011 suite à la visite de plusieurs expos :
"le street art est-il en train de nous faire une bulle ?
> dans un contexte certes différent, il est clair désormais que l’art des rues, qu’il quitte progressivement, est l’impressionnisme d’aujourd’hui : comme lui il est né hors des salons, dénigré, insulté, puis est entré dans les galeries d’avant-garde et maintenant il est en salons (foires ou livings bourgeois), au musée et se vend dans des enchères démesurées
> cet art a déjà ses artistes historiques, des mairies proposent des murs, passent commandes ; les prix des oeuvres sont mis en orbite et quantité de seconds couteaux émergent, parfois talentueux, parfois moins : l’apogée semble atteinte
> alors des indices bullesques pointent : certains artistes (même connus) ne se retiennent plus et bombent à tour de bras d’assistants, d’où une inondation d’oeuvres qui se font vite, très gestuelles ; tout le monde en veut, même les galeries classiques en ont un ou deux sait-on jamais ; les maisons de vente ont leurs départements spécialisés, les collectionneurs se bagarrent dans des ventes dites caritatives
> le résultat commence à être visible : des oeuvres trop dupliquées, trop vues, parfois de qualité moyenne, des prix trop vite excessifs, une pléthore de jeunes artistes suiveurs ou copieurs, des anciens qui perdent leur authenticité...
> bref, il va falloir désormais sévèrement trier entre le grain et l’ivraie (l’ivresse)"
Vous voila prévenus !
depuis 2010, c’est le dessin contemporain qui se gonfle comme le crapaud de La Fontaine.
Il était venu au premier plan en 2008, partiellement grâce à la crise (c’était une oeuvre unique abordable) puis, par la multiplication des foires de dessin.
Ses prix ne cessent de croître : une bulle se constitue peut-être, mais on ne sait pas encore si le marché saura séparer les bons et moins bons artistes. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il y a eu trop de foires de dessins en 2011 (voir la liste)
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la crise économique engendre une recherche légitime du moins cher ; même si l’art "abordable" fait de la résistance, les amateurs de belles choses diversifient leurs sources et leurs sujets d’acquisition. Le design en fait partie pour plusieurs raisons :
> les collectionneurs d’art contemporain s’y sont vite intéressé, leur environnement étant influencé par leurs acquisitions d’art
> les artistes et les designers sont parfois confondus, ne serait-ce que par moments, etc.
Voyez cette analyse ici, et aussi là
Ainsi le design est-il à la mode, l’édition de la Paris Design Week 2012 confirmant ce succès. Jusqu’au moment où les prix deviendront exagérés, ce qui a déjà commencé pour le vintage et des pièces contemporaines numérotées et signées (mais en grand tirage). Méfiance...
Mais il y a des modes "inverses" avec des mises au placard comme Mathieu à qui le Jeu de Paume a su en 2002 démontrer l’injustice faite.
Ainsi la figuration narrative, peu connue à l’étranger, est en réhabilitation depuis l’été 2008, grâce à l’exposition au Grand Palais.
si l’art est avant tout une affaire de sentiment, ce n’est pas une raison de vous faire tirer le portefeuille sous prétexte qu’il est aussi situé près du coeur !
Il faut que vous sachiez quel sont les "justes prix" de vos élans, et sachiez vous détacher des modes, qui ne sont pas du tout formatrices en art.
Une bulle se manifeste par des prix en hausse forte par rapport à la moyenne du marché concerné. Elle est bornée : elle a un commencement et une fin, de sorte que sa détection précoce est très difficile puisque la preuve de son existence s’établit à sa mort...
La bulle a l’inconvénient de former des cotes en montagnes russes et, à terme, des investissements devenus invendables par retour de flamme (artistes moyens retombant après défection de leur marchand…) ; elle entraîne même un risque de faux ; elle créer de mauvaises réputations injustifiées et en fin de compte elle place les amateurs d’art en victimes.
Mais une mode a un avantage basé sur son caractère éphémère : le collectionneur perspicace évite d’acheter des oeuvres trop "à la mode", il achète avant ou après, pas à son apogée, à l’instar du bon spéculateur boursier.
Pour détecter l’émergence d’une mode, posez-vous simplement ces quelques questions :
> tous les sujets, genres, techniques, médias concourent à l’art ; mais l’un d’entre eux est-il en train d’occulter les autres ?
> toutes les revues parlent de ce jeune artiste-vedette : mais quel est son parcours, sa démarche, ses idées... son style est-il réellement novateur et surtout par qui est-il soutenu ?
> telle œuvre déjantée nous tente, mais quel sera notre regard dans 2, 5 ans ?
Gardons quelque bon sens : l’important n’est pas le média, c’est ce qu’en fait l’artiste ; le travail, la qualité (si, si !), la constance de la démarche (même si le résultat est mouvant), la sincérité sont des bases qui prévalent à long-terme.
Ne soyons pas timides : parler avec l’artiste ou lire les articles le concernant permet d’apprécier son histoire, son message, s’il a quelque chose à dire, bref : voyez vous-mêmes s’il n’est pas bidon.
L’histoire de l’art moderne est une bonne antidote aux excès : savoir que Malevitch a conçu l’œuvre abstraite ultime en 1915 (le carré noir sur fond blanc) peut relativiser votre ardeur sur une peinture minimaliste soit disant innovante ; connaître le mouvement pop vous permet de mieux peser une découverte plus proche de la simple réadaptation.
Tenez par exemple : il y a depuis quelque temps un retour aux "seventies", notamment en design ; voila une bonne occasion, pour les jeunes artistes qui n’ont connu de cette époque que le mythe, pour qu’ils nous offrent un regard réellement nouveau ; mais si ce n’est que de la réinterprétation, intéressons-nous plutôt aux artistes d’origine (certes plus chers).
la fête de ses 100 galeries d’art moderne, contemporain, tribal et design
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