les supports photographiques

 

 

Par support on désigne le matériau sur lequel est fixée l’image finale, accrochable en cimaise : papier, carton, métal, plexi, etc, qui est liée au procédé de transfert du cliché : papier sensible, impression de fichier, etc, l’ensemble constituant l’oeuvre d’art. Car au même titre qu’une oeuvre estampée, les artistes intègrent le support final d’un cliché comme étant un élément de l’oeuvre achevée.

Les supports photographiques ont fortement évolué depuis 50 ans, autorisant des oeuvres en très grands formats ou permettant une diffusion à grande échelle, tout en garantissant une parfaite qualité, ce qui pose d’autres problèmes.

Voici les techniques principales des supports et leurs caractéristiques.

 

faux vintage argentique de Miroslav Tichy ... (courtoisie C.Pompidou) ... clic=zoom

 


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le support, partie intégrante de l’oeuvre

 

 

   

L’émulsion photo argentique une fois développée, est ultérieurement transférée par son tirage sur un papier sensible spécifique que l’artiste choisit, et qui forme le support de l’épreuve.

Le photographe sur numérique a un plus grand choix de supports puisqu’on peut techniquement imprimer ou projeter de l’encre sur à peu près n’importe quel matériau, dans n’importe quelle dimension.

Aussi certains artistes photographes qui utilisent l’argentique ou la diapo pour des raisons artistiques ou techniques, peuvent user d’une astuce : le transfert sur fichier par numérisation soit d’un tirage papier, soit par projection optique, soit dans certains cas directement depuis la pellicule développée, pour avoir accès aux traitements et impressions numériques.

Dans tous les cas l’artiste photographe intègre le support dans sa démarche, il conçoit une idée visuelle de ce qu’il veut obtenir ; John Batho dit que "la perception d’une image de couleur est (aussi) déterminée par le matériau d’inscription" [Images Magazine, n° spécial HP, 2008].

 

 

Les processus courants pour placer un cliché sur un support sont :

> le transfert direct au cours du développement, ceci donc pour l’argentique...
> ...où des effets spéciaux sont possibles lors de ce développement, comme la solarisation, l’inversion, etc
> le transfert du cliché argentique par numérisation par scanneur puis :
> pour les numériques ou les argentiques transférés, l’impression sur papier...
> ... avec passage sur ordinateur pour traitement numérique intermédiaire avant impression
> l’envoi du fichier à un laboratoire utilisant les procédés Diasec, Picto, etc... (voir ci-après) et équipé d’imprimantes pour grandes dimensions
> éventuel un contre-collage sur un dibond ou une simple plaque d’aluminium (ou un support spécial)

 

Oeuvre numérique tirée sur simple imprimante à jet d’encre, Vanessa Buci, 2001
(courtoisie GMA) ..... clic=zoom

Il faut bien distinguer ces 3 étapes où les acteurs ne sont pas forcément les mêmes :
 - la prise de vue
 - les traitements de l’image (même s’il se réduit à un équilibrage des couleurs)
 - le transfert sur le support de l’oeuvre.

 

le transfert sur support :

 

Pour les photos argentiques le choix du support du tirage se réduit à : dimensions, couleur de fond, sensibilité, grain, aspect (lisse ou non, mat ou brillant, bordure ou non), etc. Si l’artiste ne le fait pas lui-même, il doit donner ses instructions au laboratoire et espérer que le papier spécifié existe toujours, tous points qui posent problèmes pour les retirages de clichés d’artistes décédés. Leur encadrement ou mise sous verre est aussi une question primordiale, liée en partie au choix initial du support : voir notre fiche pratique.

 

Pour les photos numériques, comment l’artiste peut-il faire ?
> le moins cher est directement de contrecoller le tirage par une colle neutre spéciale sur un support dur (carton, bois, alu...), ce qui convient surtout aux faibles dimensions (voir : les formats)
> on peut placer le tirage entre deux plaques de Plexi ou de verre sans le coller, si la dimension est petite
> pour les moyennes tailles, un print sur papier est une bonne solution, contrecollé à l’arrière sur un support dur comme l’aluminium ou le Plexi, volontiers décollé du mur de quelque 2-4 cm pour valoriser l’ensemble
> pour les imprimer : éviter le transfert thermique des années 80-90 au profit du jet d’encres pigmentées, bien plus fiable et exact depuis que les grandes marques d’encre d’impression rivalisent en qualité (HP et Epson sont les plus connues)
> des encollages directs à froid sont possibles sur divers supports (bois, polystyrène, carton...) mais la plupart du temps sont réservés à des publicités ou des oeuvres éphèmères
> pour les oeuvres de grande taille et de haute qualité, le jet de pigments est la meilleure technique pour respecter les couleurs : il faut passer par des laboratoires spécialisés d’impression, qui font en même temps le contrecollage du devant de l’image et de l’arrière, et sa protection physique et UV ; ils utilisent des licenses de marques dont les plus connues sont :
 - le Diasec qui, généralement, obscurcit les couleur sombres et relève les couleurs vives de sorte que les photos deviennent lumineuses (parfois trop) ; sa couche de protection le plus souvent brillante est flatteuse mais crée des reflets désagréables, comme le fait une glace
 - le Picto au contraire a tendance à adoucir la photo ; sa couche de protection est plutôt mate donc ne crée pas de reflet mais elle ne renforce pas non plus les teintes ;
cela étant l’expérience du laboratoire compte beaucoup dans la restitution finale.

 

Dans tous ces cas veillez :
> à placer à l’arrière une couche rigide de protection (un dibond ou un plexi selon l’effet de semi-transparence souhaité) qui facilite aussi l’accrochage
> à ce que ces procédés comprennent une couche de protection contre les UV.

Les supports actuels renchérissent beaucoup le coût de réalisation d’une photo (ou d’une oeuvre créée directement sur ordinateur), cela peut représenter 50% du prix de revient et alors fixe aussi un prix de vente plancher. La sophistication du support (protection, rigidité, recherche d’effet ...) augmente encore ce coût ; et il faut amortir le prix de l’informatique ; tout cela explique une partie du prix élevé des photos d’art contemporaines. Et suscite des effets pervers exposés ci-après en bas.

 

 

 

la protection des oeuvres :

 

Faut-il rappeler qu’une photo sur papier est sensible aux intempéries : chaleur, humidité, poussières et fumées de clops ? Une protection anti-poussière, anti-UV et à Ph faible est utile (voir).

Dans tous les cas de supports, à long-terme l’oeuvre pert plus ou moins lentement en contraste et en couleur, si elle est exposée à la lumière permanente :
> c’est le cas avéré pour les vintages mais aussi pour les tirages argentiques actuels
> pour les prints numériques la protection est généralement inclue dans le procédé, mais on n’a pas vraiment le recul pour juger de la dégradation ;
donc deux cas : ou l’oeuvre n’est pas soumise à la lumière naturelle et qu’occasionnellement ou indirectement à la lumière artificielle, et elle n’a aucun besoin de protection, ou bien c’est le cas et un encadrement avec verre s’impose, ce qui est impossible (et artistiquement nuisible) avec une oeuvre de grand format encolléee.

Autre problème avec les print par jet de pigments : l’abrasion de la surface, qui est extrêmement sensible ; le moindre accroc est irréparable ; alors si les conditions de sécurité ne sont pas réunies (hors de portée des enfants et du nettoyage...), sont indispensables un verre protecteur pour les petites ou l’usage d’un procédé type Diasec ou Picto pour les grandes.

  On arrive à cette conclusion paradoxale :
si la photo est un procédé d’artiste de plus en plus populaire, l’oeuvre elle-même n’est pas facile à accrocher en cimaise puis à conserver.
  > une idée pour encadrer vos photos personnelles

 

 

 

de nouveaux risques :

Le 1er risque est lié à la facilité de reproduction des oeuvres numériques, par la vulgarisation de la chaîne cliché numérique + traitement informatique + impression par jet de pigments. Comment dans ces conditions avoir l’assurance que le tirage préconisé par l’artiste sera toujours respecté ? Voyez la remarque de ce grand collectionneur.
Une oeuvre photographique est par définition un multiple, ce qui est déjà une situation particulière puisqu’en art la rareté fait aussi le prix ; si en plus elle se voit dévalorisée par prolifération, elle pourrait sortir du domaine de la collection pour celui de la consommation. Il faudrait alors que son prix soit du même domaine...

2ème risque : on voit souvent des oeuvres proposées à la vente avec plusieurs options :
> choix du tirage simple sur papier ou avec mise sur support de présentation (comme un tableau avec ou sans cadre) ; c’est un leurre : qui donc a la possibilité de mettre soi-même l’oeuvre sur le support souhaité par l’artiste ?
> choix de la même image déclinée en dimensions et prix différents.
Soyons clairs : en art ces manières commerciales sont malhonnêtes. Elles supposent que l’auteur se désintéresse de la forme finale de l’oeuvre, or un véritable artiste a une idée précise de sa création jusqu’à sa présentation finale, de même pour sa dimension, sinon il n’est pas artiste mais artisan photographe (qui peut être talentueux, bien sûr) ; simplement il faut savoir ce qu’on veut collectionner : de bonnes photos ou des oeuvres d’art.

Actuellement malheureusement seuls quelques grands artistes respectent le collectionneur en limitant leurs oeuvres à quelques exemplaires en un seul format, celui qu’ils jugent correct sur le plan artistique. Si les marchands continuent de répandre le concept que la multiplication n’est plus un inconvénient... quelle différence y aura-t-il à un moment donné entre le découpage d’une belle image dans un magazine de luxe et une oeuvre d’art ? Remplaceriez-vous un de vos tableaux par une affiche ?

 

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